STANLEY - Un parfum de vapeur d'Amérique.
STANLEY MODEL SV 252A 1925

STANLEY – Un parfum de vapeur d’Amérique.

Aux premiers âges de l’automobile, dans les deux dernières décennies du 19ème siècles, de nombreux constructeurs hésitent encore sur le type de moteurs et donc de carburant ou d’énergie à adopter pour leurs nouveaux engins automobiles comme on les appelait encore à l’époque. En France comme de l’autre côté de l’Atlantique, ils ont un certain nombre de constructeurs à tâtonner et à tester, parallèlement ou successivement, ces différents modes de propulsion, sur différents prototypes comme sur leurs modèles de production.

Dans la patrie de Voltaire, Jeantaud et Mildé se laisseront séduire par la « magie » de la fée électricité. (Ce dernier, associé plus tard à Krieger, un autre constructeur figurent parmi les pionniers dans ce domaine en France, connaîtra d’ailleurs, à nouveau, une – brève – période de gloire durant la Seconde Guerre mondiale avec une nouvelle génération de voitures électriques censées répondre à la pénurie d’essence en cette période d’Occupation). D’autres, comme les constructeurs-pionniers ainsi que De Dion-Bouton, s’essayeront de leur côté, à l’expérience du moteur à vapeur et, là aussi, après quelques succès, se rallieront assez rapidement au moteur à explosion. Malgré quelques beaux succès obtenus lors des premières compétitions automobiles (notamment celle de Léon Serpollet qui remportera, à nice en 1902, le record mondial de vitesse à plus de 120 km/h), à la fin de la première décennie du 20ème siècle, les automobiles à vapeur, tout comme celles utilisant l’électricité, commencent déjà à marquer le pas et à se voir de plus en plus distancer par les voitures à essence.

Au pays de l’Oncle Sam, à la même époque, si cette tendance est nettement moins accentuée et que la plupart des voitures qui restent encore fidèles à la technique du moteur à vapeur connaissent encore fidèles à la technique du moteur à vapeur connaissent encore une certaine période de gloire, ou, en tout cas, un succès d’estime auprès d’une clientèle de connaisseurs, elles se voient de plus en plus fortement bousculées, sur un marché automobile qui (aux Etats-Unis plus encore qu’en Europe) est en pleine expansion (notamment avec le lancement, en 1908, de la Ford T, la première voiture au monde fabriquée en grande série), par les modèles à moteurs « classiques ». Parmi les constructeurs automobiles américaines qui se laissèrent séduire par cette invention, sans laquelle la révolution industrielle du 19ème siècle n’aurait sans doute pu voir le jour (et dont l’Anglais George Stevenson avait déjà largement fait la preuve de son potentiel en inventant, dans les années 1920, la locomotive à vapeur et le chemin de fer) figurent les frères Francis et Freelan Stanley.

STANLEY - Un parfum de vapeur d'Amérique.
STANLEY MODEL 820 1915

Ces derniers avaient débuté dans le monde de l’industrie et des affaires en ouvrant une fabrique de plaques photographiques. Quelques années plus tard, séduit par le potentiel de l’industrie automobile, alors naissante, ils décident de changer complètement d’activité et revendent alors celle-ci à George Eastman (l’un des créateurs de la photographie moderne, fondateur de la firme Kodak). Avec la petite fortune empochée grâce à cette revente, ils fondent alors leur propre marque et présente la première automobile portant leur nom.

Le succès d’estime remporté par ce premier modèle les encourage à poursuivre dans cette voie, en lançant, cette fois, un modèle plus puissant et plus imposant, capable d’atteindre les 45 km/h. Les frères Stanley commettront toutefois l’erreur de ne pas faire breveter ce nouveau modèle, ce qui permettra ainsi à l’un de ses principaux rivaux, la marque Franklin, de commercialiser un modèle qui en sera quasiment une copie conforme. La technique de la vapeur ayant largement, et depuis longtemps, dans les domaines du chemin de fer ainsi que celui des machines industrielles, de nombreux constructeurs étaient donc en droit d’être convaincus de son potentiel dans celui de l’automobile et qu’elle avait aussi toutes les chances d’y connaître un succès comparable celui qu’elle connaissait pour les locomotives.