Chartres Place Châtelet, les véhicules font face à la première cérémonie

Daniel Power tient à nous faire partager en images ses impressions de la commémoration du 75ième anniversaire de la Libération de Chartres, et de la mort héroïque du lieutenant André Fontaine, maquisard abattu le 25 août 1944. Ce week-end commémoratif a eu lieu les 24 et 25 août.

Le samedi 24 août débute sur la Place Châtelet, à Chartres, par un premier moment de recueillement au pieds de la statue de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Au pied de la Statue de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, Place Châtelet

Mais les membres de l’Historial Militaire de Chartres et de l’Eure-et-Loir (HMCEL), qui sont les organisateurs de l’événement, souhaitent également contextualiser et faire honneur à tout ce qui a pu être en lien avec la France sous l’Occupation et sa Libération : costumes de participants et véhicules d’époque.

Avec la présence d’un cortège de Jeep, de nombreux véhicules civils ont été aussi mis en valeur lors de cet événement.

La Traction de Citroën bien sûr, souvent utilisée par les occupants et la résistance, présente dans de nombreux films relatant cette époque.

Mais, à l’apparition des tensions, puis au début de la guerre, la Traction est également sollicitée comme véhicule de liaison. En revanche, sa garde au sol ne lui permet pas d’évoluer facilement hors des routes.

La Rosalie y est également utilisée, quoique plus souvent réservée aux généraux et personnalités.

Lors du débarquement, les troupes américaines sont parfois amenées à utiliser la Traction en complément de leur Jeep.

Après avoir fabriqué des canons pendant la Première Guerre Mondiale, la marque Citroën dut trouver une reconversion. C’est dans l’automobile, conçue en grande production, qu’André Citroën porte son choix en 1919.

L’Histoire montrera après sa mort que sa marque reste un emblème associé à la Seconde Guerre Mondiale.

Salmson, un des pionniers dans l’aéronautique, fournisseur d’avions pendant la Grande Guerre, a trouvé également sa reconversion dans l’automobile à partir de 1919.

Elle fabrique d’abord des cyclecars et voiturettes comme ce modèle présent à Chartres, qui ont eu de nombreux succès en compétition. La crise de 1929 amènera la marque à concevoir des modèles familiaux de haut de gamme.

Le véhicule phare des troupes américaines est évidemment la Jeep, véhicule léger à quatre roues motrices.

La production commence en novembre 1941, après un appel d’offre de l’armée américaine auprès de Bantam, Ford et Willys. C’est ce dernier qui remporte le marché, malgré l’achat après coup de quelques modèles Ford.

Max, un organisateur de l’événement, membre de l’HMCEL, à bord d’une Jeep

Général Motors Company, GMC, a construit de nombreux véhicules pour l’armée américaine.

Vous trouverez d’ailleurs, dans un reportage consacré au 75ème anniversaire du Débarquement en Normandie, un article détaillé sur le véhicule amphibie DUKW, conçu par ce constructeur, dans le N°269 de RétroPassion Auto, de Septembre et Octobre 2019.

      Néanmoins, celui qui a été le plus produit, après la Jeep, est le véhicule à 6 roues motrices.

Retenue également à la suite d’un appel d’offre, le modèle présenté par GMC a été retenu davantage pour son prix et sa rapidité de production, que par ses qualités techniques.

En 1943, des combats en Afrique du Nord mettent en évidence le besoin d’un véhicule capable de transporter des véhicules lourds et chars de combats.

Le Pacific Car & Foundry M26, surnommé « Dragon Wagon », à 6 roues motrices a ainsi vu le jour.

Pacific Car & Foundry M26, récemment restauré à l’initiative de l’HMCEL

Le cortège de véhicules s’est ensuite dirigé vers la cathédrale, sauvée de la destruction par le colonel américain Welborn B. Griffith.

En effet, par la rumeur de la présence de tireurs allemands à son clocher, son bombardement a été planifié dans le cadre de la libération de la ville. Le colonel Griffith est allé cependant inspecter l’édifice, et a su ainsi sauver Notre-Dame de Chartres de son bombardement.

Malheureusement, quelques heures plus tard, il est abattu par des soldats allemands à Lèves. Une première plaque commémorative y a été posée en 1961.

Cette année, une parade a eu lieu devant l’entrée de Notre Dame de Chartres, avec les véhicules garés tout le long.

La journée du samedi s’est terminée au Centre Mobilisateur 101, CM 101, au Coudray, ensemble de hangars construits par l’Armée française en 1917.

La réserve de l’Historial Militaire de Chartres et de l’Eure-et-Loir est aménagée dans un de ces édifices.

3 Jeep face à la réserve de l’HMCEL

Véhicules militaires, chars, canons, uniformes et autres matériels militaires en sortent ainsi régulièrement, afin de rappeler ce qui s’est passé au fil des siècles dans la région. Ils font l’objet de travaux d’entretiens réguliers et de rénovations.

Ce bâtiment fait d’ailleurs, par son positionnement, la jonction entre celui du Séminaire des Barbelés et celui d’une pépinière d’entreprises.

Ayant été un camp de prisonniers français sous l’occupation, ce sont ensuite des allemands qui y sont enfermés à la fin de la guerre. Parmi eux, Franz Stock, prêtre allemand, encadrera un séminaire jusque deux après la fin du conflit. Il a alors été un des acteurs de la réconciliation franco-allemande.

Au deuxième plan, 2 bâtiments toujours liés au souvenir e la 2de Guerre Mondiale: le Séminaire des Barbelés à gauche, la réserve de l’HMCEL à droite

L’Historial Militaire de Chartres et de l’Eure-et-Loir, sous la présidence d’Yves Cuzin, a la volonté de sensibiliser nos concitoyens à ce qui s’est déroulé pendant cette période tragique.

Sa situation dans cet ensemble de hangars confirme symboliquement ce que souhaite transmettre l’Historial Militaire de Chartres et de l’Eure-et-Loir : l’activité présente de Devoir de Mémoire permet de mettre en lien le passé et l’avenir, afin que celui-ci soit meilleur.

La journée du dimanche a fini au pied de la stèle qui rend hommage au lieutenant André Fontaine, résistant, qui a été abattu le 25 août 1944.

      La ville de Chartres est soucieuse de préserver la mémoire de cette époque.

      Elle propose par ailleurs une intéressante promenade virtuelle sur Le Chemin de Mémoire :

https://www.rgdesign.fr/visite-virtuelle/lechemindememoire/index.html

      Retrouvez sur le N°269 de RétroPassion Auto, des mois de septembre et octobre 2019, « DDay 75, un vent de liberté », consacré au 75ème anniversaire du débarquement en Normandie.

Photos de Daniel Power, DR

Texte de Benoît Dumas

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