SUBARU 360 Citadine sauce wasabi

SUBARU 360 Citadine sauce wasabi

Si je vous dis Subaru, il y a de fortes chances que vous pensiez à l’Impreza bleu et or qui a fait la notoriété de la marque chez nous dans les années 90 en championnat du monde des rallyes. Si vous n’êtes pas un fan de la marque, vous aurez probablement du mal à me citer un autre modèle de la gamme. Pourtant l’histoire de la marque est riche, et unique à l’image de cette mignonette Subaru 360, première vraie voiture de la marque.

La tête dans les étoiles

1945, le Japon se rend, et on retire le droit au pays de construire ses propres avions militaires. Par la même occasion et pour éviter l’émergence d’un Boeing Japonais, on leur interdit la production de gros-porteurs. Nakajima Aicraft qui produisait des avions de guerre japonais, entre autres est démantelé, puis refondé sous la forme de Fuji Heavy Industries. Aujourd’hui encore ce groupe produit des avions de tourisme, ou encore des pièces d’aviation pour Boeing.

Le rapport avec Subaru ? Attendez, j’y arrive. Deux ingénieurs japonais, visiblement en panne de hobbys, aiment rester traîner au bureau le soir, pour concevoir entre autres, des moteurs. Après avoir conçu un petit bloc, ils décident de se lancer carrément dans la fabrication d’une petite voiture. Pendant des mois, ils peaufinent leur idée, et un jour se décident de la montrer à leur patron. C’est à ce moment-là que commence l’aventure automobile de Subaru.

SUBARU 360 Citadine sauce wasabi

4 places dans 3 mètres

Une première Subaru voit le jour en 1954, la 1500, une sorte de brouillon ou de “numéro zéro” qui ne connaît pas la série. Il faut attendre 4 années de plus pour découvrir la 360, et le résultat est à la hauteur des ambitions de la jeune marque.

L’idée est simple. Il faut répondre à une demande du marché japonais disposé à acheter une petite voiture simple, économique et facile à conduire et à entretenir. Un cahier des charges très proche de celui de nos Citroën 2CV, Volkswagen Coccinelle ou encore Fiat 500. C’est d’ailleurs évidemment à cette dernière que l’on pense immédiatement en découvrant la bestiole au siège de Subaru France.

Modeste mais avant-gardiste

N’allez pas imaginer la Subaru 360 comme une “sous-voiture” comme l’étaient les premières FIAT 500, désolé pour les fans. Bien que pensée pour les familles modestes, elle est riche de technologies. La boîte de vitesse est à 4 rapports et dispose d’un embrayage automatique et électromagnétique. Elle dispose également de 4 roues indépendantes, cachant 4 freins à tambours. La carrosserie en acier est autoporteuse, mais la fibre de verre fait son apparition sur le toit pour contenir le poids total à 385 kilos ! De quoi permettre au modeste bicylindre en ligne disposé à l’arrière de mouvoir l’engin dans de bonnes conditions malgré 16 petits chevaux.

Petite mais ambitieuse

Forte de son succès auprès des foyers japonais, la petite 360 se prend à rêver d’une carrière internationale. Le premier étranger à s’intéresser à la Subaru est Australien. Il importe la petite au pays des kangourous, qui s’écoule honorablement dans les points de vente. Mais la Subaru n’est pas adaptée au climat australien et les problèmes de surchauffe viennent vite plomber sa petite entreprise.

Voilà qui aurait pu suffire à refroidir les ardeurs d’autres prétendants mais un américain, Malcolm Bricklin, a repéré une faille dans la législation et a une idée derrière la tête. Il fonde Subaru of America. La législation américaine sur les automobiles est déjà assez contraignante à l’époque, avec notamment un crash-test. Mais cette loi ne concerne que les véhicules dont le poids est supérieur à 425 kilos, or la 360 n’en pèse que 410.

Vedette américaine

Le modèle à suivre à l’époque pour tout importateur souhaitant faire fortune est celui de Volkswagen et sa Cox. Les campagnes VW sont décalées et originales, Bricklin s’en inspire et lance une publicité titrant “the ugly and cheap little car”. Le voiture moche et pas chère. Proposée à un tarif défiant toute concurrence, la Subaru 360 connaît d’abord un réel succès avec au moins 10 000 exemplaires écoulés chez l’oncle Sam.

Mais ce succès commence à heurter certaines susceptibilités. La rumeur commence à se répandre au sujet de son manque de sécurité, notamment à cause de ses portes suicides. La presse s’en fait écho et le soufflet des ventes retombe comme il avait gonflé. Chez les revendeurs il devient très compliqué d’écouler les invendus. C’est la fin de la carrière américaine de la Subaru.

Elle avait tout compris

La dernière 360 tombe des chaînes japonaises en 1970 après 392 000 exemplaires produits. Avec ses qualités intrinsèques, comme un rayon de braquage de seulement 8 mètres, son faible coût, ou son poids réduit au minimum, la Subaru 360 n’avait rien à envier à ses contemporaines. En empruntant ses propres solutions, elle trace la voie à une marque, qui encore aujourd’hui ne perd jamais l’occasion de se singulariser. Le moteur Boxer et les 4 roues motrices arriveront plus tard, mais l’originalité, et tout le génie de l’ingénierie japonaise sont déjà dans cette 360.