Chevrolet Caprice Station Wagon, break XXL

CHEVROLET CAPRICE et IMPALA – Flic Story

Le nom Caprice fit sa première apparition au sein du catalogue Chevrolet en 1965, comme une version haut de gamme de la berline Impala, qui était alors le modèle haut de gamme de la marque. Dès l’année suivante, la Caprice, devenue désormais un modèle à part entière, la détrôna cependant de cette place et devint le nouveau vaisseau amiral de la division la plus populaire de General Motors.

1971 – 1976

A l’époque, la majeure partie des modèles de la production américaine cédait à la mode qui voyait les modèles augmentés en taille à chaque nouvelle génération et même, pour certains, à chaque nouveau millésime. Une croissance exponentielle qui ne concernait pas seulement la taille des voitures mais aussi celles de leurs moteurs. La Caprice n’échappait pas à cette règle. Au contraire, en tant que porte-drapeau de la gamme Chevrolet, elle se devait même de “montrer l’ exemple” aux autres modèles qui figuraient au catalogue. Si l’empattement, lui, n’augmenta que de six centimètres, cet allongement se remarqua surtout au niveau des porte-à-faux avant et arrière. La longueur totale passant de 5,48 mètres pour sa devancière à 5,58 m pour la nouvelle monture. Les grandes lignes de cette seconde génération s’ inspirait beaucoup du style “fuselage” alors en usage sur les modèles haut de gamme du groupe Chrysler. Par rapport à sa cousine plus “populaire”, l’Impala, la Caprice se différenciait, du point de vue de l’ habitacle, par une présentation intérieure plus cossue, comportant notamment une sellerie combinant le tissu et le vinyle, des garnitures en bois plus grandes et plus nombreuses sur le tableau de bord, le volant et les panneaux de portes ainsi qu’un recouvrement en moquette sur la partie basse des portières (uniquement sur les berlines et coupés). Les versions breaks, elles, étaient construites sur un empattement spécifique de 3,2 mètres de long, ce qui en faisait les plus grands breaks jamais produits par Chevrolet. Ils utilisaient également une suspension arrière différente des versions deux et quatre portes (Un essieu rigide avec des ressorts à lames alors que les coupés et berlines, eux, étaient dotés de ressorts hélicoïdaux et de bras oscillants).

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1972 Chevrolet Caprice Custom Coupe

Cette nouvelle génération de la Caprice station-wagon vit aussi la disparition du hayon classique au profit d’ un nouveau hayon se divisant en deux parties, la partie supérieur s’escamotant à l’ intérieur du toit et la partie supérieure, elle, dans un compartiment sous le plancher. En plus de ses dimensions extérieures, le break offrait aussi un volume de chargement encore jamais atteint, avec un capacité atteignant les 3 mètres cubes (2,55 m des sièges avant jusque’ au hayon et 1,24 m entre les passages de roues). Le modèle Kingswood Estate, la finition la plus luxueuse pour les breaks, était également équipée d’une troisième rangée de sièges, portant ainsi la capacité d’accueil à huit passagers. Il recevait comme motorisation standard le V8 de 6,6 litres, mais pouvait également recevoir, en option, les autres moteurs (5,7 l ou 7,4 litres) proposés sur la berline et le coupé. Les station-wagons étaient, cependant, vendus uniquement avec un système d’ échappement simple, ce qui impliquait une puissance inférieure à celles des moteurs de cylindrées équivalentes sur les autres versions. Le V8 6,6 litres, qui était la motorisation la plus courante sur la Caprice, était disponible en deux niveaux de puissance: 170 ou 255 chevaux. Il avait été conçu pour pouvoir fonctionner avec tous les types d’ essences, que ce soit l’ essence ordinaire, celle à faible teneur en plomb ou à haut indice d’ octane. (General Motors a été le premier des trois grands constructeurs américains à avoir adopté ses mesures, pour répondre aux normes de plus en plus strictes en matière d’ émission de pollution qui devaient être mises en place dans les années à venir). Le client pouvait également opter pour un autre V8 de 6,6 l, plus performant, et qui fournissait une puissance de 300 ch. Quant au V8 7,4 litres, le plus gros moteur disponible sur la Caprice, il atteignait, lui, les 365 ch. A son lancement, la transmission proposée en monte standard était une boîte de vitesses manuelle à trois rapports, mais, à partir du milieu de l’ année 1971, c’ était une boîte de vitesse automatique, dénommé Turbo Hydramatic, qui désormais était montée en série. Au début, les chiffres des puissances délivrées par les moteurs étaient fournis selon les normes DIN (c’ est-à-dire “bruts”) et SAE (puissance nette). L’année suivante, seuls les puissances nettes étaient désormais mentionnées aux catalogues. La puissance nette étant établie sur un véhicule en situation réelle, c’ est-à-dire avec tous les organes périphériques du moteur, le système d’ échappement,… Ce qui entraîna une baisse des chiffres de puissances affichés par rapport aux chiffres “bruts” (avec la puissance du moteur simplement mesurée au banc d’ essai). Ainsi, le V8 6,6 litres big block”, évalué à 300 ch selon les anciennes normes, n’en délivrait maintenant plus que 206 selon les nouvelles normes (Avec le système d’échappement simple, la puissance grimpant à 260 ch avec l’échappement double).

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1973 Chevrolet Caprice Classic Estate

La Caprice du millésime 1972 ne reçue que des modifications mineures par rapport à celle de l’ année-modèle précédente, avec une calandre redessinée et plus basse ainsi que d’ un nouveau pare-choc avec une protection accrue. A l’ arrière, un nouveau pare-choc fit également son apparition, intégrant désormais les feux. Les grilles du système d’ aération étaient désormais placées sur les montants des portières et non plus sur le couvercle du coffre, comme auparavant. L’ offre de motorisations demeurant identique, à la différence que les chiffres affichés étaient maintenant ceux des puissances nettes: 170, 210 et 240 ch pour les différentes versions du V8 6,6 litres et 270 ch pour le V8 7,4 litres (230 ch sur les versions breaks). Sur le plan des carrosseries, une nouvelle berline “classique” (avec un montant central entre les portières) fit son apparition (Toutes les berlines proposées jusque-là étant de type hard-top).

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1972 Chevrolet Caprice Hardtop Sedan

Les faces avant et arrière de la Caprice furent redessinées pour le millésime 1973, afin de répondre à la nouvelle réglementation en matière de sécurité, qui imposait à présent que les ouvreaux modèles mis en circulation soient équipés de pare-chocs pouvant supportés des chocs jusque’ à 8 km/h sans subir de dégâts apparents. En plus des pare-chocs plus épais (avec des feux arrière, eux aussi, redessinés), la calandre, présentant maintenant un maillage vertical, affichait une forme d’ étrave plus prononcée que sur les modèles précédents. A cause des nouvelles normes sur les gaz d’ échappements, la puissance des moteurs à continuer à baisser. L’offre en matière de motorisations avait d’ ailleurs été sensiblement réduite: Le V8 6,6 litres n’était, à présent, plus disponible qu’en un seul modèle, n’ affichant maintenant plus que 150 ch. Le V8 7,4 litres, quant à lui, voyait sa puissance réduite à 245 ch (215 sur les moteurs équipant les breaks). La gamme des carrosseries s’ enrichie toutefois cette année d’ une version cabriolet, jusque-là proposé uniquement au sein de la gamme Impala. Le break Kingswood Estate fut, de son côté, rebaptisé plus simplement Caprice Estate.

Pour se conformer à la réglementation dans le domaine de la sécurité passive, qui devenait plus triste chaque année, la taille des pare-chocs augmenta encore sensiblement avec l’apparition des modèles du millésime 1974. Dans le même objectif, le pilier central de la berline “classique” fut renforcé, ainsi que les montants du pavillon de toit sur la berline hard-top. Sur le plan esthétique, outre un nouveau dessin de la calandre, de nouvelles fenêtres de custode style “Opera” firent aussi leur apparition sur la version coupé. Du côté des moteurs, on notera l’apparition d’une nouvelle version du V8 6,6 litres, équipée d’un carburateur à quatre corps et délivrant 180 ch, qui devint la motorisation standard sur les voitures vendues en Californie (qui était déjà, à l’ époque, l’un des états les plus stricts en matière d’ émission de pollution). Les autres moteurs furent reconduits mais, suite à de nouvelles adaptations pour se conformer à la législation, le V8 7,4 l perdit une dizaine de chevaux. Un nouveau système de sécurité fit également son apparition, lequel obligeait le conducteur et le passager avant à boucler leurs ceintures de sécurité avant de pouvoir démarrer. Un système sans-doute intelligent mais qui fut fort impopulaire auprès de la clientèle et suscita même un tollé tel que, sous la pression des instances gouvernementales, Chevrolet dut l’ abandonner quelques mois à peine après son introduction.

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1973 Chevrolet Caprice Classic Estate

C’est toujours la législation en matière de sécurité qui fut à l’origine de la plupart des modifications apportées à la Caprice pour l’ année 1975, comme le pare-choc avant désormais presque entièrement rectiligne (et non plus en forme de pointe en son centre comme cela avait été le cas sur les modèles des deux millésimes précédents), simplement légèrement recourbés au niveau des phares. Pour le reste, sur le plan esthétique, on notera une calandre et des feux arrière à nouveau redessinés, ainsi qu’une nouveau dessin du pavillon sur la berline hard-top, dont le montant arrière recevait maintenant une glace de custode forme triangulaire. A l’ intérieur, outre un nouveau compteur de vitesse désormais gradué jusqu’à 100 miles (160 km/h) uniquement (Ceci, parce que le législateur estimait qu’un compteur affichant des chiffres supérieurs était une incitation aux excès de vitesse). Ce fut la dernière année de production pour le cabriolet qui, comme ses cousines – Oldsmobile Delta 88, Buick LeSabre et Pontiac Grand Ville – disparaîtra du catalogue à la fin de l’ année. La production des voitures décapotables étant devenue assez marginale ou ne représentant, en tout cas, plus une part suffisante aux yeux de la direction de General Motors pour justifier leur maintien en production. (Ceci, aussi, par crainte de nouvelles lois ultra-sécuritaires, qui ne verront, cependant, au final, jamais le jour). L’ économie de carburant étant, plus que jamais, une priorité, les responsables de Chevrolet ajoutèrent une nouvelle motorisation de base au catalogue, un V8 5,7 litres de 1975, qui fut proposé uniquement en Californie (pour les raisons décrites plus haut) et où il équipa désormais tous les modèles de manière standard (les autres moteurs n’ étant désormais plus proposés qu’ en option) à l’ exception des breaks. En dehors du V8 7,4 l, toutes les motorisations recevaient désormais un système d’ échappement individuel équipé d’ un pot catalytique. A noter également l’introduction d’ un nouveau système d’ allumage désormais électronique. Pour aider (ou inciter) le conducteur à économiser le carburant, une nouvelle jauge calculant la consommation moyenne fut ajoutée au tableau de bord. Un nouveau niveau de finition, baptisé “Landau” fit aussi son apparition au catalogue. Celui-ci comprenait un choix de teintes de carrosseries spécifiques, des rétroviseurs d’ appoints, des enjoliveurs de couleur assortie à celle de la carrosserie et un toit recouvert de vinyle.

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1976 Chevrolet Caprice Classic Custom Coupe

Au fil des années, avant tout à cause des nouvelles normes de sécurité plus que pour des raisons esthétiques, la longueur de la Caprice avait sensiblement augmentée au fil des années, passant ainsi à 5,63 mètres en 1973, à 5,65 m l’ année suivante, pour atteindre finalement 5,66 m avec l’ apparition des modèles du millésime 1976. Seuls des changements mineurs furent apportés pour ce qui sera la dernière année de production de cette génération. Les plus marquants ou distinctifs étant une nouvelle grille de calandre, inspirée de celle de la Cadillac Calais, DeVille et Fleetwood, ainsi que de nouveaux phares rectangulaires. Les motorisations ne connaissant aucun changement notable. Ce fut aussi la dernière année de production pour le V8 7,4 litres, qui quitta alors la scène (pour la Caprice comme pour le reste de la gamme Chevrolet ou des autres divisions de General Motors), sa consommation et ses émissions de pollution ne répondant plus au contexte de l’ époque, fort défavorable pour les moteurs de grosse cylindrée. Les berlines hard-top disparurent aussi avec cette génération du modèle, ce type de carrosserie ne répondant plus aux règles de sécurité. la prochaine génération de la Caprice abandonnera elle, sur le break, le système de la cinquième porte escamotable en deux parties pour revenir à un hayon classique. Cette seconde génération de la Caprice fut aussi la plus grande de toutes ainsi que le plus grand modèle jamais produit par Chevrolet.

1977 – 1990

Au milieu des années 1970, lorsque Chevrolet entame l’ étude de celle qui doit devenir la troisième génération de la Caprice, les conséquences de la crise pétrolière qui a éclatée deux ans plus tôt vont poser d’ une forte influence sur le projet. Tous les constructeurs revoient alors la taille de leurs modèles à la baisse et Chevrolet, comme les autres, n’ échappe pas à cette cure d’ amaigrissement drastique et sans précédent. Par rapport à sa devancière, la nouvelle Caprice, présentée en 1977, voit ainsi sa longueur baissée de 28 cm (5,38 mètres contre 5,66 m pour sa devancière). Toutefois, l’empattement, lui, ne voit sa taille réduite que de 14 cm et sa largeur de 10 cm, tandis que la hauteur de la voiture, elle, augmente, passant de 1,36 m à 1,40 m. Cette différence de longueur alors que l’ empattement se voit amputé de quelques centimètres seulement, s’explique par une réduction conséquente des porte-à-faux avant et arrière. Si bien que cette nouvelle monture fait presque figure de berline compacte par rapport à celle qu’elle remplace. Même si sa taille la place pourtant à côté des plus grosses berlines européennes.

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1977 Chevrolet Impala Police (II)

Bien qu’ elle avait le statut de modèle haut de gamme de la marque Chevrolet, la Caprice troisième du nom partageait la plate-forme de la Chevelle, qui occupait, elle, le rôle de modèle intermédiaire de la gamme. Même si les effets de la récession avait entraîné la chute progressive des ventes des modèles full-size, beaucoup d’ observateurs ont considéré que donner le rôle de vaisseau amiral d’une marque à un modèle qui se classait, par son gabarit, dans la catégorie des berlines médium size était un grand risque (Nombreux étaient, en effet, ceux qui étaient convaincu que cette crise énergétique ne durerait pas et que, bientôt, les choses reprendraient, sur le marché automobile américain, comme elles étaient avant que le choc pétrolier n’éclate). Pourtant, aussi osé que puisse paraître le pari, Chevrolet et General Motors le remportèrent haut la main. C’est d’ ailleurs le succès de la Caprice qui incitera Ford a lancé la nouvelle génération de la LTD (à laquelle on adjoindra le patronyme Crown Victoria) et Chrysler à créer sa famille des K-Cars (du nom de leur plate-forme commune): Dodge Aries, Plymouth Reliant et autres…

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Lors de sa présentation, la Caprice est disponible en trois carrosseries: berline, coupé et break. Ce dernier pouvant être équipé d’ une troisième rangée de sièges, qui permet ainsi de faire passer la capacité d’ accueil de six à huit personnes. Pour la première fois depuis la première génération de la Caprice, lancée en 1965, le moteur V8 n’ était plus la motorisation standard du modèle, ce rôle étant désormais occupé par un six cylindres en ligne de 4,1 litres développant 110 ch. Une conséquence, là aussi, de la flambée des prix des carburants, qui obligeaient les constructeurs à proposé des moteurs plus économiques sur la plupart de leurs modèles. Les deux autres moteurs proposés au catalogue étaient un V8 de 5 litres ou 5,7 l, fournissant respectivement 145 et 170 ch. C’ était la première fois que le V8 small block (le 5.0 l) était proposée sur le modèle haut de gamme de Chevrolet. Il avait été introduit un an à peine auparavant sur les modèles intermédiaires de la gamme. Les big blocks (6,6 litres et 7,4 litres qui équipaient la précédente génération, eux, devenus bien trop gourmands, ont été abandonnés. Dès sa première année de commercialisation, la nouvelle Caprice devint la voiture américaine la plus vendue aux Etats-Unis, avec plus de 660 000 exemplaires vendus. Un record qu’ elle battue à peine deux ans plus-tard avec plus d’ un million d’exemplaires de la Caprice produits (en comptant les sites de production au Canada ainsi qu’au Venezuela).

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1979 Chevrolet Caprice Classic (II)

En 1980, la Caprice reçue ses premières modifications notables depuis son lancement, trois ans plus-tôt. Sur le plan esthétique, le dessin de la calandre et des feux arrières furent modifiés, ainsi que les contre-portes dans l’ habitacle. Une utilisation plus grande de l’ aluminium a, par ailleurs, permit de réduire le poids de la voiture de près d’ une cinquantaine de kilos par rapport aux modèles du millésime précédent. Sur le plan des motorisations, le 6 cylindres en ligne de 4,1 litres est remplacé par un nouveau V6 3,8 litres de 115 ch. Le V8 “de base” de 5 litres est, lui, remplacé par un nouveau bloc de 4,4 litres (qui est devenu le moteur standard pour les breaks) délivrant la même puissance que ce dernier. (Le V6 était destiné en particulier aux Etats américains qui appliquaient les normes anti-pollution les plus strictes, comme la Californie). Le V8 de 5 litres, lui, n’est plus disponible qu’ en option mais voit sa puissance passée à 155 ch. Quant au V8 5,7 litres, il n’ est plus monté que sur les voitures destinées aux forces de Police. A signaler aussi que les breaks pouvaient aussi recevoir, en option, un V8 diesel (lui aussi de 5,7 litres) de 105 ch, d’ origine Oldsmobile. Une option qui sera étendue à l’ ensemble de la gamme en 1982. Le millésime 1983 voit, lui, la disparition du V8 4,4 litres ainsi que de la version coupé. Laquelle – sans-doute à cause d’ une demande de la clientèle – fait cependant son retour dès le millésime suivant. Le V8 diesel devient la motorisation standard pour les breaks. Pour combler l’absence de modèle haut de gamme au sein de la marque Pontiac, un clone de la Caprice fut vendue, à partir de 1984, sous le nom de Pontiac Parisienne, uniquement sur le marché canadien. A l’ exception du nom et des emblèmes, à l’ intérieur comme à l’extérieur de la voiture, celle-ci ne diffère en aucune façon de la Caprice. Si la berline disparue à peine deux ans plus-tard, le break, en revanche, resta disponible jusqu’ en 1989.

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1984 Chevrolet Caprice Classic

Si la carrosserie ne subit aucun changement pour le millésime 1985, l’habitacle, lui, connut son remaniement le plus important depuis le lancement du modèle, il y a huit ans. la principale différence consistant dans le remplacement du placage en faux-bois du tableau de bord par des éléments en métal poli. Côté moteurs, un V6 de 4,3 litres de 130 ch remplace celui de 3,8 l, tandis que le V8 5 l, lui, passe à 165 ch. Le V8 diesel, quant à lui, disparaît du catalogue en janvier 1986. L’année-modèle 1986 voit la carrosserie de la Caprice connaître son lifting le plus important depuis 1980, avec un carénage avant redessiné et plus aérodynamique, avec une nouvelle grille de calandre, ainsi que les feux arrière. A cette date, l’Impala, qui constituait la finition de base de la Caprice, est supprimée. A l’exception du V6 dont la puissance grimpe à 140 ch, les autres moteurs restent inchangés. 1987 ne verra la Caprice connaître que des changements mineurs. La seule motorisation disponible sur les breaks est maintenant le V8 5,7 litres. Les ventes du coupé ayant fortement baissées, celui-ci est supprimé de la gamme est supprimée au début du millésime 1988, tandis que le break n’est plus disponible qu’en version huit places. Alors que sa principale concurrente, la Ford Crown Victoria, avait adoptée l’ alimentation par injection dès 1983, la Chevrolet Caprice, elle, ne se décidera à abandonner ses carburateurs que six ans plus-tard. (Ce sont les pick-up et fourgons de chez Chevrolet et GMC qui ont été les premiers véhicules produits par General Motors a recevoir l’injection en 1987). C’est le V8 5 litres qui, sur la Caprice, reçoit le nouveau système d’ alimentation. Plus que la puissance, qui ne grimpe qu’ à 170 ch, cela permettra surtout d’obtenir un moteur plus sobre et moins polluant. Le V6 4,3 l, lui, n’est plus monté que sur les exemplaires destinés à la Police et aux compagnies de taxis.

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La Caprice ne connaîtra aucun changement notable pour l’année-modèle 1990, la dernière année de production pour cette génération du modèle, qui aura été celle à avoir connue la carrière la plus longue avec une production qui aura durée pas moins de treize ans.

Après pas moins de treize ans de bons et loyaux services, il était temps pour Chevrolet de mettre la Caprice (née en 1977) à la retraite et d’ offrir à celle qui était l’un de ses modèles les plus emblématiques une nouvelle monture. Après avoir usé, pendant plus de vingt ans, pour tracer la ligne de leurs berlines full-size, de la latte et de l’équerre, les constructeurs américains durent remettre leurs dessinateurs au travail pour que ces derniers créent un nouvelle ligne qui soit désormais à la page. La mode était, en effet, désormais aux lignes courbes (Un courant qui avait déjà été amorcé au milieu des années 80 par des modèles de taille plus compact comme la Ford Taurus).

1991 – 1996

La nouvelle Caprice représenta une révolution sur le plan du style lorsque’ elle fut dévoilée au mois d’ avril 1990, marquant une rupture radicale avec la génération précédente et bouleversant complètement l’ idée que le public, en Amérique comme à l’ étranger, se faisait d’ une voiture américaine. Une rupture et la naissance d’ un nouveau courant stylistique incarné aussi par d’ autres de ses autres cousines produites par General comme l’Oldsmobile Nighty-Eight ainsi que par ses concurrentes chez Ford (Ford Crown Victoria, Lincoln Continental et Mercury Grand Marquis) ou Chrysler (Chrysler concorde et LHS, Eagle Vision et Dodge Intrepid) apparues à la même époque. En ce qui concerne la Caprice, si tous les éléments de la carrosserie ainsi que de l’ intérieur de l’habitacle étaient entièrement nouveaux, en revanche, le châssis était étroitement de celui l’ancienne génération. Quand au moteur V8 4,3 l de 200 ch, il avait également équipé les derniers exemplaires de la précédente monture construits fin 1989 et début 1990. Plusieurs des composants principales de la voiture, comme le plancher, sont d’ ailleurs entièrement identiques avec ceux de sa devancière.

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1991–92 Chevrolet Caprice Classic

Cette nouvelle Caprice sera, en tout cas, fort bien accueillie par le magazine Motor Trend, qui lui décernera le titre de Voiture de l’ année en 1991. General Motors était convaincu que la nouvelle Chevrolet Caprice serait elle aussi, tout comme sa devancière, un best-seller et la nouvelle voiture préférée des Américains. L’accueil que réserva une grande partie du public comme de la presse automobile lui réserva fut cependant plutôt mitigé. Ce qui se fit ressentir sur les chiffres de ventes. Beaucoup jugeant que son design, notamment celui de la partie arrière, avec ses roues en partie carénées, la faisant ressembler à une baignoire renversée, voir même à une baleine échouée. C’est la raison pour laquelle, en 1993, Chevrolet fit redessinée les ailes arrières de la Caprice, qui reçue alors des passages de roues plus classiques. (Ce léger lifting s’ appliquait uniquement pour la berline, le break conservant, lui, les ailes du modèle d’origine). En 1994, la Caprice reçue, tout comme ses cousines de la GM (Buick Roadmaster, Cadillac Fleetwood Brougham,…), une nouvelle génération de moteurs. Avec, en haut de gamme, le V8 5,7 litres LT1 dérivé de celui de la Corvette (dans une version assagie) et délivrant 260 ch. La motorisation qui équipaient les Caprice en version de base – notamment celles utilisées par les forces de Police – restant le V8 4,3 l de ses débuts. Le V8 LT1 était toutefois aussi proposé en option sur les véhicules destinés à la Police et ce fut d’ailleurs ce moteur-là qui fut le plus apprécié par ces derniers. Le tableau de bord recevra lui aussi plusieurs modifications, dont un volant emprunté à la Camaro, un compteur de vitesse numérique et une nouvelle console. L’année 1995 ne verra, elle, que des changements mineurs, la plus visible étant une nouvelle vitre de custode, plus réduite, en forme de goutte d’ eau (de forme triangulaire auparavant). Ce sera aussi la dernière année de production pour le break.

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1991–92 Chevrolet Caprice Classic

Malgré sa très grande popularité auprès des policiers et autres représentants des forces de l’ ordre comme les shérifs ainsi que les chauffeurs de taxis, les ventes de la Caprice n’ ont jamais réussies à égaler celle de sa plus grande rivale, la Ford Crown Victoria. Ajoutez à cela la montée en puissance des berlines intermédiaires comme la Chevrolet Lumina ainsi que celle des SUV comme la Tahoe et le Suburban, ou encore celles des vans, et il est assez facile de comprendre pourquoi la direction de General Motors décidera, fin 1996, d’arrêter la production de la Caprice, ainsi que de ses autres grosses berlines traditionnelles. Ce seront d’ ailleurs les modèles 4×4 susnommés qui remplaceront les Caprice et ses consoeurs sur les chaînes de production de l’ usine d’ Arlington, au Texas, où elles était assemblées côte-à-côte. Au total, un peu plus de 689 000 Caprice (berline et break confondus auront été produites). (La production cessera aux Etats-Unis en décembre 96, mais elle se poursuivra encore pendant près d’ un an au Mexique). A compter de cette date, Ford sera le seul à poursuivre dans la voie de la berline américaine à l’ancienne avec la Ford Crown Victoria, la Lincoln Town Car et la Mercury Grand Marquis – avec un certain succès – pendant encore une quinzaine d’année.

Cette disparition prématurée laissera beaucoup de membres de la Police et de taximen, aux quatre coins des Etats-Unis, profondément dépités. Leur obstination à continuer à remplir leur tâche au volant de leurs Caprice incitera d’ailleurs de nombreux garages ainsi que d’ entreprises de pièces de rechange automobiles à se spécialiser dans l’ entretien et la fourniture de composants pour ce modèle, bien après que General Motors en ait arrêté la production. Ce qui explique aussi pourquoi on en verra encore longtemps dans les films et les séries policières américaines, alors qu’ elle avait déjà quittée la scène commerciale depuis de nombreuses années.

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1991–92 Chevrolet Caprice Classic

Tout comme la Caprice, l’Impala était un patronyme célèbre chez Chevrolet, puisque le modèle avait déjà connu six générations entre 1958 et 1985. Toutefois, alors que la dernière monture était une version populaire de la Caprice, lorsque l’ Impala fit sa réapparition au Salon de l’ auto de Detroit en 1992, ce fut sous la forme d’ une version musclée de la nouvelle génération de la Caprice, équipée d’un monumental V8 affichant pas moins de 8,2 litres de cylindrée. Lorsque l’ Impala SS (son nom officiel) fut commercialisée, sous une forme quasiment identique à celle du concept-car, en février 1994, ce fut toutefois avec le même moteur V8 LT1 5,7 litres de 260 ch qui équipait la version haut de gamme de la Caprice. L’ Impala était toutefois construite sur base de la version spéciale destinée, à l’origine, exclusivement aux forces de Police et elle recevait donc la plupart des équipements spécifiques à celle-ci, notamment une suspension avec des amortisseurs renforcés, un système de refroidissement du moteur amélioré (emprunté, ici aussi, à la Corvette) ainsi que des freins à disques sur les quatre roues de plus grandes dimensions. Bien que l’ Impala SS n’ était disponible qu’avec une transmission automatique, beaucoup de propriétaires l’ ont, par la suite, fait remplacée par une boîte de vitesses manuelle à six rapports empruntée à la Corvette. Bien que ce type de transmission ne soit pourtant guère prisée par la grande majorité des automobilistes Américains, les propriétaires de l’Impala la jugeait plus adaptée à l’ usage – sportif – qu’ils souhaitaient faire de leurs voitures. L’Impala se distinguait de la Caprice par une calandre spécifique peinte de la couleur de la carrosserie et dépourvue de mascotte sur le capot, ainsi que des roues de 17 pouces équipées de jantes en aluminium dont le style contribuait à renforcer le caractère sportif de la voiture. Toutefois, en raison de la pénurie des jantes spécifiques qui équipaient l’ Impala, qui étaient fabriquées par ROH en Australie, la production due être limitée et seules 6 300 exemplaires sont sorties des chaînes lors de la première année de production. Un handicap qui fut cependant corrigé dès l’ année suivante, ce qui permit à l’ Impala d’ atteindre les 21 500 exemplaires vendus en 1995. A son lancement, l’impala SS n’était proposée qu’avec une seule combinaison de teintes intérieur et extérieur: Carrosserie noire avec des sièges et une sellerie de couleur grise. L’année suivante, le nuancier des teintes extérieures s’enrichie des couleurs Dark Cherry et gris-vert foncé. la vitre de custode fut également redessinée sur le modèle de celle de la Caprice.

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1995–96 Chevrolet Caprice Classic

Bien que 1996 fut la meilleure année de vente de l’impala, avec près de 42 000 exemplaires produits, la décision de la direction de General Motors d’ arrêter la production de la Chevrolet Caprice s’ appliqua aussi à sa cousine sportive. Les exemplaires du dernier millésime ne se caractérisait des précédents que par quelques modifications mineures, comme l’ affichage du tableau de bord qui redevint presque entièrement analogique et le nouvel emplacement du levier de vitesses. De tous les modèles construits sur la plate-forme B-Body (qui regroupait tous les modèles full-size produits par la GM au début des années 90, ce fut la famille des Caprice et Impala qui fut la plus vendue. Si le nom Caprice disparut alors de la production de la marque Chevrolet, celui de l’ Impala, lui, fera sa réapparition trois ans plus-tard, mais sur un modèle qui n’ aura plus grand-chose à voir avec celle qui l’avait précédée.

Philippe Roche

Photos droits réservées

Notre vidéo de la Caprice :

D’autres articles : https://www.retropassionautomobiles.fr/2020/09/ekaterinburg/

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1972 Chevrolet Caprice Custom Coupe

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